Présentation du projet

Le centre Hérault, une richesse géologique exceptionnelle

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Le centre de l’Hérault est pourvu d’un patrimoine naturel et culturel particulièrement riche faisant l’objet d’une forte activité touristique. Pour ne citer que le Pays Cœur d’Hérault : 700.000 visiteurs dans les gorges de l’Hérault, 400.000 visiteurs au Salagou, 250.000 visiteurs au Cirque de Navacelles. Une des particularités de ce territoire est son patrimoine géologique exceptionnel. Le sous-sol possède ici à peu près tous les types de roches permettant de suivre 600 millions d’années de l’histoire de notre planète.
Cette géologie particulière est le socle des paysages qui font l’attraction du territoire. Ici se mêlent terrains volcaniques noirs, cirques de rochers ruiniformes dolomitiques blancs, ruffes rouges du Permien, monts offrant d’admirables points de vue mais aussi grottes connues (Clamouse) ou moins connues… entre plaine alluviale et massifs calcaires.
Les activités agricoles et pastorales sur ces terrains pendant ces derniers millénaires ont contribué à l’entretien de milieux « naturels » ouverts, permettant qu’ici la biodiversité soit aussi remarquable.
Cette géologie a aussi largement influencé les aménagements urbains et les activités socio-économiques du territoire avec les différents types d’exploitations - passées ou encore en cours - de ressources minières et de roches massives telles que : cuivre, charbon, uranium, pétrole, bauxite, barytine, basalte, marbre, … A noter d’ailleurs, la présence ici des plus anciennes mines de cuivre de France (Cabrières).
Le patrimoine vernaculaire, avec des constructions en pierre sèche remarquables (capitelles, murs de soutènement…) – variant au gré des terrains géologiques - est aussi très présent. Et sur le plan archéologique, il nous faut citer les nombreux mégalithes ayant notamment fait l’objet d’études sur le Lodévois.
Enfin, pour ceux qui ne connaissent de l’Hérault que les produits de la vigne, là encore, rappelons que la géologie joue un rôle majeur sur les terroirs viticoles.


Origine du projet

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Le besoin de conduire une dynamique territoriale pour préserver et valoriser le patrimoine géologique existe depuis de nombreuses années en centre Hérault. De nombreuses idées plus ou moins formalisées, par des collectivités ou des citoyens (géologues notamment) ont été soulevées sans pour autant être engagées.
Citons par exemple l’étude de faisabilité « Protection et valorisation du patrimoine géologique de la basse vallée de l’Hérault » réalisée en 1992 à la demande de la Charte intercommunale de la basse vallée de l’Hérault. Ou encore des propositions, sans suite, de création d’une réserve géologique.
En 2011, les XXèmes Rencontres de la section Géole, section de la Société géologique de France axée sur la médiation des sciences de la Terre, se déroulaient au Salagou réunissant de nombreux spécialistes de toute la France. A cette occasion, les élus locaux avaient été interrogés sur les actions prévues pour préserver le patrimoine géologique local exceptionnel.
La proposition d'engager une démarche géoparc est née au sein de Demain la Terre!. Dès 2015, Il est fait état de cette idée par Demain la Terre ! dans le livre « Salagou-Mourèze » édité par l’association Matorral. Puis, la même année, des visites de géoparcs (Le géoparc du Chablais, et le géoparc du Beaujolais en candidature) sont organisées.
Des contacts ont ensuite été pris avec des acteurs du Cœur d’Hérault pour juger de la pertinence de lancer une telle démarche sur le territoire. Dès 2016, le projet est inscrit dans le projet d’activité de l’association, et, une journée "vers un géoparc" a été organisée par Demain la Terre! avec la Grotte de Clamouse. Plusieurs spécialistes (géologues, hydrogéologues, volcanologues, paléontologues...) ont répondu présents à l'appel et ont conforté la pertinence d’engager une telle démarche. Depuis cette date, Demain la Terre ! œuvre pour faire mûrir le projet sur le territoire et mobiliser différentes parties prenantes.


Les objectifs

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Le projet présenté ici est une 1ère phase qui vise les objectifs suivants :

- Engager le territoire et les parties prenantes dans la démarche géoparc : mobiliser et animer le territoire, définir le portage et la gouvernance du géoparc, déterminet le périmètre du projet, participer au réseau des Géoparcs et créer des espaces de références pour le projet.
- Participer à la connaissance et à la préservation du patrimoine géologique : inventorier les géosites, définir et engager des actions de préservation du patrimoine géologique.
- Informer, sensibiliser, éduquer : concevoir un programme d’animation grand public, renforcer les compétences et connaissances des différentes parties prenantes, élaborer un programme d’animation pour les scolaires et mettre à disposition de nombreuses ressources.
- Poser les bases de développement d’un géotourisme pour stimuler l’activité économique et touristique du territoire.


Les besoins auquel le projet entend répondre

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Chacun s’accorde à reconnaître l’intérêt géologique de ce territoire et la nécessité de mieux le connaître et de le préserver. On ne constate cependant la réalisation que de rares travaux en ce sens, portant uniquement sur des sites ciblés et conduits par des acteurs locaux souvent très isolés dans leur action.
Il est pourtant indispensable d’agir pour conserver ce patrimoine face à différentes menaces. L'inventaire régional du patrimoine géologique fait état de la nécessité de préserver ce patrimoine. Les collectivités ont posé des diagnostics allant aussi dans ce sens. Des scientifiques et acteurs associatifs (ex: Livre Salagou-Mourèze /association Matorral) ne cessent d'écrire et dire l'importance d'agir.
Quelques exemples : de nombreux affleurements géologiques sont de moins en moins visibles, disparaissant actuellement sous des couverts forestiers qui se développent. Cette fermeture des milieux tend aussi à faire disparaître les multiples terrasses bâties en pierres sèches ou encore les divers vestiges d’exploitations minières dont beaucoup ont fait l’objet de travaux de sécurisation par l’Etat au dépend de leur intérêt patrimonial. Certaines marques de l’histoire géologique (ex : stratotype, fossiles et pistes d’empreintes fossilisées, orgues basaltiques, …) sont soumises à des dégradations (ex : constructions, carrières, stationnement de véhicules, VTT, espaces non entretenus…) généralement par méconnaissance ou manque d’intérêt.
Sur le plan éducatif, la découverte et l’étude de ces « géopatrimoines » offrent ici un potentiel totalement sous-exploité pour les scolaires, la population locale (comptant un fort taux de nouveaux arrivants ne connaissant pas le territoire) et les visiteurs.
De même, il y a un travail important à mener pour développer le géotourisme à l’échelon du territoire. Heureusement, il est possible de s’appuyer sur les acteurs du tourisme intéressés par un tel développement et sur des sites déjà aménagés pour accueillir des publics (ex : Musée de Lodève, Argileum et Grotte de Clamouse à Saint-Jean-de Fos, Caveau muséographique de Cabrières, …).


Des acteurs impliqués localement

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A l’échelle du territoire décrit précédemment, Il n’y a actuellement pas d’organisme engagé sur l’animation d’une démarche globale ou sur un projet de territoire visant à répondre aux objectifs poursuivis par ce projet.
Par contre, et c’est l’intérêt de la démarche proposée ici, on constate la présence de nombreux acteurs (collectivités, syndicats, associations, chercheurs) qui agissent/ou souhaiteraient agir sur des géosites s’inscrivant dans le territoire ciblé par notre projet.
Citons notamment comme acteurs du territoire ayant engagé certaines actions : le syndicat mixte du Salagou, animant la démarche « Grand Site du Salagou et de Mourèze »; la communauté de communes du Clermontais (des actions sur le patrimoine géologique étaient prévues dans son Agenda 21 mais les actions peinent à être engagées) ; la communauté de communes du Lodévois et Larzac (modernisation de son musée, développement d’offres touristiques en lien avec la géologie ) ; le Syndicat Mixte gérant le Grand Site de Navacelles; la commune de Cabrières qui souhaite valoriser les mines de cuivre ; de multiples associations locales (L’association volcanologique européenne ; APNHC ; ASPROGEO ; Mas des Terres Rouges ; Des pierres et du charbon…)
Pour illustrer l’engagement d’acteurs impliqués, il faut rappeler la mobilisation de 70 scientifiques et passionnés experts ayant contribué à l’ouvrage « Salagou-Mourèze » (208 contributeurs au total).
Pour les volets scientifiques inhérents à un géoparc, outre les personnes ressources impliquées localement, la proximité de l’Université de Montpellier (Géosciences) nous offre un lien direct avec de nombreux scientifiques actifs sur le territoire.